logo

Miossec - Armorica - 25.02.2017

Crédit :

© Ray Flex

Date et lieu :

Armorica, Plouguerneau (29) – 25 février 2017

Live report :

Tout est une affaire de point de vue. Voyez plutôt, je sors de 20 ans de concerts de Miossec, sur chaque tournée. Sur le parvis de la mairie de Brest, au Château de Kerjean avant un concert homérique de Noir Désir, aux Vieilles Charrues, sur le port de Co, au Vauban – l’antre du chanteur brestois – à Landerneau, La Carène, le Run Ar Puns (désolé pour ce road trip purement finistérien) … et sous toutes ses formes : son groupe originel et imprévisible, les musicos de Bashung, le groupe Santa Cruz… Sous toutes les coutures je vous dis ! Putain de groupie ? Non, je suis juste un type qui aime et qui ne compte pas.

Mais ce soir, je nourris une certaine forme de frustration. Je n’ai jamais caché aimer le côté bestial de Miossec, je ne le trouve jamais meilleur que lorsqu’il joue sur la corde sensible et dans un foutoir organisé. Je n’ai pas non plus caché mon désamour assez profond pour son dernier album et pour cette presse qui lui a craché dessus durant des années mais qui l’encense depuis ce virage très chanson française et variété. C’est aussi ça la passion.

Je confesse, j’ai boudé la première partie de la tournée et puis ce soir, par ici, je me suis laisser séduire, billet en poche et Coreff en main (et les potos au rendez-vous !). Bien entendu, ce soir Miossec (tout sourire) est encore et toujours accompagné de pointures, de musiciens hors norme (mention spéciale à cette merveille de guitariste, Leander Lyons) qui revisitent comme toujours son répertoire en prenant des risques. Mais… mais. Voilà, ce qui résume, c’est mais. Toute la première partie du concert consacrée à son dernier album (n’en manquent que deux !) ne m’aura pas fait changer d’avis sur Mammifères. La suite, navigue au gré des albums entre le joyau « Je M’En Vais », le belliqueux « Défroqué », les bonnes vieilles « Bières Aujourd’hui S’ouvrent Manuellement » … Et puis, il y a eu des moments de grâce comme la version tendue en duo de « Que Deviens Ton Poing Quand Tu Tends Les Doigts » (wouah !) et l’émouvante ritournelle sociale de « La Mélancolie ». Rien à dire sur les arrangements, beaucoup à dire (de bien !) sur les musiciens. Et tout le monde a dansé sur le troisième rappel avec « Le Bonheur ». Donc tout est plié hein ? Mais non.

MAIS sera donc le mot de la fin… Car il manquait ce qui a fait Miossec à mon humble et petit avis : rester anthropophages le plus longtemps, ne pas perdre le goût des carnages. Ce soir tout est bien trop sage.

Jean

Partagez