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Lee Fields & The Expressions - La Carene - 17.02.2018

Crédit :

© Hervé Le Gall – www.cinquiemenuit.com

Date et lieu :

La Carène, Brest – 17 février 2018

Livre report :

Il est l’un des derniers prêcheurs de la soul, l’un des authentiques messagers de la grande époque, celui qui a survécu à la vague de disparitions entraînant ces deux dernières années Sharon Jones et Charles Bradley. Lee Fields, le petit James Brown, 67 ans, a soulevé la foule dans une Carène presque pleine.

Pas de première partie mais une intro instrumentale de dix minutes où le groove de The Expressions annonce l’arrivée de l’étoile du soir. Le bassiste prend le micro et fait une bonne vieille annonce à l’américaine pour introduire « Leeeeeeeeeeee Fieeeeeelds ! ». Les premières paroles saisissent la foule, « Are you happy ? » s’égosille Lee Fields dans sa veste rouge pailletée ! La voix est ahurissante, la soul s’empare des murs et emplit la salle de joie. Bien évidemment, rien de neuf au pays de la soul si ce n’est une structure carrée ultra groovy et une voix dantesque. C’est d’ailleurs Lee qui fait le show, entraînant sans difficulté les gens avec lui pour chanter, crier et frapper des mains. C’est bien une autre époque que l’on a en face des yeux, celle des artistes qui voulaient changer le monde (« Make The World »), relier les femmes et les hommes (« Talk To Somebody ») et chanter l’amour (« Special Night »). Lee n’oublie pas non plus les astres, rendant un vibrant hommage à Sharon et Charles justement (« Wish You Were Here »). La grande époque où le show connectait l’artiste à son public… un coup à rouler une galoche au voisin. Mais faut pas déconner quand même ! En plus le bougre à gauche sentait la bière bon marché...

Le groupe est absolument impeccable, propre comme un jardin de Versailles, mais c’est surtout le guitariste qui sort le grand jeu. Rythmique et gimmicks funky, soli gracieux, impressionnants ! C’est d’ailleurs le groupe qui revient seul pour lancer un rappel bref mais intense. Lee est en transe, il finit bras nus et gorge tendue, totalement imbibé de sa sueur et dégorgeant toutes ses paroles avec une verve sans faille. Une heure et quart c’est court, certes, mais quelle intensité, quel moment de plénitude.

Jean

Retrouvez la galerie photo complète ici.

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