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Kevin Morby - Stereolux - 18.11.2016

Date et lieu :

Stereolux, Nantes – 18 novembre 2016

Live report :

Lancé dans une tournée d’une poignée de dates, Kevin Morby passait par un soir d’automne pluvieux et venteux au Stereolux de Nantes près des Machines de l’Île, presque au bord de la Loire. Honte sur les gens, Morby est relégué dans la petite salle, sa popularité n’atteint que 250, peut-être 300 personnes ici ce soir ? Allez au diable, les chanceux sont ici, les curieux ont bien fait, les connaisseurs aussi. Ce soir Kevin Morby et son groupe ont livré un grand concert. Un concert toute en maîtrise, toute en délicatesse où l’élégance croise la folie ou l’équilibre est parfait. Le néo-californien panache les ambiances, joue sur les émotions et lâche souvent les chevaux, n’hésitant pas à se détacher allègrement de ses versions studios pour se lancer dans de grandes embardées électriques.

Formidablement bien entouré (dont la brillante guitariste Meg Duffy), il égrène librement les chansons de son merveilleux dernier album et quelques pépites de deux précédents. Très vite, le concert prend des allures de grande célébration rock, rappelant à Donald Trump (fuck off !) ce que sont les grandes valeurs du rêve américain : tout est possible, do it yourself, n’oublie jamais le psychédélisme et lâche tes putains de chevaux ! Accroché à sa Fender Jaguar, l’ex-Woods débite des mélodies délicates qui ne s’endorment jamais et qui ouvrent de belles perspectives. Toute la poésie musicale qui jonche ses albums (« Singing Saw », « Cut Me Down », « Destroyer », « All Of My Life ») n’empêchent pas l’électricité et l’énergie nécessaires (« I have Been To The Mountain », « Dorothy »). C’est une claque, un mec sapé comme un banquier des années 50 - moustache en moins, tignasse en plus - n’a pas le droit de balancer la sauce comme ça, c’est, j’imagine, interdit par le code monétaire et financier. Mais pour nous, mieux vaut l’adrénaline aux agios, ça fait moins mal. C’est quand le prochain rendez-vous ?

Jean

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