logo

The Weirdness

The Stooges

Pistes:

  1. Trollin'

  2. You Can't Have Friends

  3. ATM

  4. Idea of Fun

  5. The Weirdness

  6. Free and Freaky

  7. Greedy Awful People

  8. She Took My Money

  9. The End of Christianity

  10. Mexican Guy

  11. Passing Guy

  12. I'm Fried

Musiciens:

Iggy Pop (chant) - Ron Asheton (guitare) - Scott Asheton (batterie) - Mike Watt (basse) - Steve Mac Kay (saxophone)

Critique 1:

Après avoir régurgité quelques brûlots prometteurs sur le Skull Ring d'Iggy en 2001 et avoir enchaîné sur une série de concerts atomiques qui ont défrayé la chronique, les Stooges ont assouvi les fantasmes de tous les punks repentis des années 70 : donner un successeur à l'ex dernier disque, Raw Power.

Et dans un monde assez hostile à ceux qui refont du neuf avec du vieux, Iggy et ses Stooges ont tendu leur doigt bien haut : ils ne referont pas du neuf, mais ne seront jamais vieux ! Après quelques ouragans rock n' rollesques et des bombes de décibels balancées dans des festivals, les Stooges sont vite devenus le groupe le plus respecté de la grande vague des reformations. Sauvages, rutilants, aboyants, les punks de Detroit n'ont pas perdu de leur superbe sur scène. Alors, quand ils annoncent leur entrée en studio pour enregistrer leur quatrième album, on commence à s'impatienter.

The Weirdness est censé reprendre l'histoire, là où elle s'était arrêtée après Fun House (Raw Power étant un peu différent...). D'emblée, le choc est terrible! Les premières vibrations apocalyptiques de « Trollin' » sont d'une sauvagerie effroyable... mais transmettent une sensation de bien-être incomparable. Iggy pousse son premier cri, Ron Asheton exécute son premier riff, et Scott commence à exploser les fûts (jusqu'à la fin du disque d'ailleurs...). Ce nouveau Stooges est une plongée en apnée qui ne laisse pas respirer. L'enchaînement sur « You Can't Have Friends » et « ATM » est tout aussi violent. Le groupe n'a jamais rien fait pour se faire aimer, de personne. Rien n'est formaté pour la radio ou la télé, rien n'est calculé par un leader ou un manager opportuniste... tout est seulement déroulé, expédié. Mais les Stooges ce n'est pas seulement cette énergie incontrôlable. Depuis le départ, le groupe a toujours cultivé l'art du décalage, comme allier le jazz et le punk par exemple. C'est une nouvelle fois Steve Mac Kay qui joue les jazzmen aliénés, évoluant au milieu d'une horde de sauvages. Il apporte notamment sa touche sur « She Took My Money », l'un des meilleurs titres de l'album.

La production est assurée par Steve Albini, modeste (par sa personne) mais immense (par son talent) personnage qui a notamment travaillé avec Nirvana. Si ce nouvel album se veut brutal et offensif, la prod' des vieux Stooges n'y est plus, il faut être honnête. On reste en plein dans le punk et le rock débraillés, mais le son râpeux et vicieux des guitares a disparu. Exit ce son unique que l'on entendait sur le riff de « I Wanna Be Your Dog ». De plus la voix de l'Iguane a changé, plus grave, plus proche de ce que l'on a entendu en solo sur ces derniers opus. C'est moins oppressant, mais dans l'ensemble, l'énergie et la désinvolture sont là, et c'était le plus important. A l'époque, tout le monde, ou presque, détestait les Stooges et ce qu'ils faisaient... que pensera-t-on de The Weirdness dans 10, 20 ou 30 ans? Déjà aujourd'hui, on aime... et c'est déjà énorme!

Jean Jean

Partagez